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Pour cette session 2019, l’entrée dans les programmes du CESAG se fera selon deux voies : par voie de concours ou par études de dossiers.Pour faire acte de candidature, les personnes intéressées doivent se connecter sur  la plate forme d'inscription en ligne et joindre les documents suivantx

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Dossiers de candidature pour l’entrée dans les programmes du CESAG

Table ronde des professionnels de l'Inclusion Financière

 
 
Thème : Renforcer les capacités pour une inclusion financière durable : Quels principes, méthodes et stratégie ?

L’inclusion financière est une priorité des Etats de l’Union économique et monétaireouest-africaine (UEMOA). Elle vise d’une part à résorber le déficit d’accès et d’usage des services financiers ; un déficit qui entrave la prise d’initiatives entrepreneuriales, la satisfaction des besoins primaires et la réalisation légitime des ambitions des jeunes, des femmes, des paysans (Demirgüç-Kunt et Levine, 2008). D’autre part, adopter une démarche inclusive permet aux institutions financières d’améliorer leur part de marché et leur viabilité financière dans un milieu d’affaires de plus en plus concurrentiel.

Conscients des enjeux, les institutions bancaires et financières ont apporté des améliorations significatives à l’offre de services à travers des innovations en finance numérique, en microfinance et en financement de la chaine des valeurs agricoles.

Pour soutenir cette dynamique, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) met en œuvre une Stratégie régionale d’inclusion financière en vue de créer un cadre propice aux innovations en finance inclusive.

Sur le plan national, les Etats soutiennent ces innovations financières à travers la mise en place de dispositifs d’inclusion tels que les fonds nationaux de finance inclusive, les stratégies nationales d’inclusion financière et d’autres programmes spéciaux visant à favoriser l’accès au financement dans des domaines spécifiques (agriculture, entrepreneuriat des jeunes etc.).

Ces innovations ont permis d’améliorer l’inclusion financière depuis 2010. A titre d'exemples, le nombre total de guichets d'accès aux services financiers a progressé de 8 754 à 246 024, soit une hausse de près de 3000% entre 2010 et 2017, selon les données de la BCEAO. De la même manière, le nombre total de particuliers titulaires de comptes ouverts dans les livres de toutes les institutions financières de l'UEMOA est passé de 13,8 millions en 2010 à 55,8 millions en 2017, soit une progression de plus de 300%. 

Salle de Conférence, CESAG, Dakar, le 24 et 25 avril 2019

Toutefois, les écarts à combler en termes d’inclusion financière restent importants. Le taux d'inclusion financière est passé de 22,2% en 2010 à 55,0% en 2017, montrant que près de la moitié de la population active n’a toujours pas accès aux services financiers formels. Pour ce faire, les établissements financiers doivent continuer à apporter des innovations aux produits et s’approprier les méthodes et processus innovants.

A ce titre, le renforcement de leurs capacités est un facteur essentiel à la réussite des politiques d’inclusion financière. Dans son rôle de Centre régional mis en place par les Chefs d’Etats de l’UEMOA pour combler les besoins d’expertise en gestion, le CESAG, en s’appuyant sur sa longue expérience de formation en Banque et Finance, a mis en place une académie de la finance islamique, ainsi qu’un projet de renforcement des capacités en finance inclusive (PRECAF). Dans la première phase de sa mise en œuvre, le projet de renforcement des capacités en finance inclusive a identifié une série de besoins de formation grâce à une étude de la demande en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Les résultats de cette étude ont permis de concevoir et de former près de 150 professionnels sur des thématiques liées à la finance agricole et rurale, la finance digitale et la microfinance, avec l’appui financier de la Fondation Master Card.

Le CESAG entend lancer une nouvelle série d’actions de renforcement des capacités pour soutenir les initiatives en faveur de l’inclusion financière. Cette nouvelle planification se veut ambitieuse, à l’échelle de l’importance de l’agenda d’inclusion financière et en tirant des leçons des actions passées. En effet, l’expérience de la mise en œuvre de ce projet a révélé les leçons suivantes :

  • les besoins en renforcement des capacités sont importants et variés dans les domaines de la finance digitale, agricole et rurale, du financement des PME- PMI, du secteur informel etc.

  • les acteurs ont besoin d’innovations pédagogiques et didactiques (formation en présentiel ou à distance, certification, coaching, appui-conseil, capitalisation du savoir etc.) qui prennent mieux en compte les avancées technologiques, les exigences de résultats et les contraintes des milieux du travail ;

  • il existe un grand nombre d’acteurs qui mènent des actions de renforcement des capacités, créant, par moment, des chevauchements et doublons ;

  • l’accès et l’usage efficients des offres de formation sont limités par des contingences telles que l’immobilité professionnelle, la durée des formations, le séquençage thématique, le ciblage, la pertinence des contenus, les difficultés d’accès au financement ;

  • après avoir financé un grand nombre de formations, les dispositifs de financement des actions de renforcement des capacités manifestent une certaine fatigue en raison de la difficulté de démontrer l’impact réel des dites activités.

Cette table ronde vise à permettre aux professionnels de plancher sur la question du renforcement des capacités (développement des savoirs, savoir-faire et savoir-être), sa place et son rôle dans l’inclusion financière, ainsi que les synergies possibles entre les acteurs qui s’y impliquent. 

Il devra en outre spécifier des actions que le CESAG devra mener, en synergie avec les autres acteurs, pour jouer pleinement son rôle de Centre régional de renforcementdes capacités managériales dans le domaine de l’inclusion financière. La table ronde regroupera des professionnels et enseignants-chercheurs.

Les participants proviennent de structures publiques sous-régionales, des partenaires au développement, les structures nationales, les secteurs bancaires et de la microfinance et des unités de formation en provenance des huit pays de l’UEMOA.